
Jean-François Copé vous a proposé de conduire la liste de droite aux municipales à Nantes. Pourquoi avoir refusé ?
Il m’a fait cette proposition en début d’année. J’ai évidemment beaucoup réfléchi, mais mon engagement professionnel à la tête de Publicis Events est incompatible avec le fait de mener une liste à Nantes. Je suis arrivé à la tête de cette entreprise en septembre dernier.
Comment doit, selon vous être choisie la future tête de liste ?
J’ai le sentiment que nous avons pour le moment, avec Julien Bainvel, Laurence Garnier et Marie-Anne Montchamp, trois candidatures de qualité, avec des profils totalement différents. Je compte proposer au comité départemental de l’UMP le 23 mai prochain la tenue d’élections primaires. Je penche plutôt vers un scrutin ouvert à tous les sympathisants, mais au minimum aux membres de l’UMP. La procédure permettra de donner plus de légitimité et plus de dynamisme au leader de la droite à Nantes. La candidate socialiste, ou le candidat, mais je pense plutôt qu’il s’agira d’une candidate, qui sera, elle, désignée sans ce processus démocratique.
Que pensez-vous l’hypothèse d’une candidature de l’écologiste François de Rugy, avec le soutien du Modem de François Bayrou ?
Le problème d’un candidat est d’avoir le soutien de l’ensemble de la famille politique avec qui il compte gouverner. Dans le cas présent, la réponse est au parti socialiste, pas chez nous. Ce serait finalement un quatrième candidat potentiel pour la majorité municipale.
La page Ayrault est définitivement tournée à Nantes. Comment jugez-vous sa première année à Matignon ?
Avec le quinquennat, on voit que le rôle du Premier ministre est relégué aux affaires courantes interministérielles. Les véritables responsabilités politiques remontent en direct au chef de l’État. Je l’ai vu aussi avec François Fillon. Toutefois, je constate qu’il n’a pas su se projeter dans les difficultés des Français. Il est un peu resté dans l’antisarkozysme qui a servi d’argument de campagne. Il a terriblement sous-estimé la crise, en faisant le grand écart entre l’extrême-gauche et les marchés. C’est impossible sauf à risquer un véritable « claquage » politique.
Comment peut ou doit évoluer le dossier du chantier nazairien STX, avec la volonté de mise en vente par la société mère sud-coréenne ?
Je suis un peu stupéfait par l’aphasie de Jacques Auxiette. La majorité socialiste régionale ne propose rien. Il faut pourtant redonner de la confiance aux marchés pour remplir le carnet de commandes. Avec le fruit du désengagement de l’État dans certaines grandes entreprises, il faudrait temporairement augmenter symboliquement la participation de l’État dans STX. Cela permettrait de booster la confiance, donc d’engranger de nouvelles commandes.
Recueilli par Jean-Marie BIETTE