Les données du rapport annuel de la fonction publique publiées hier viennent de démontrer des dérives inacceptables en matière de recrutement de fonctionnaires de la part des collectivités territoriales.
Alors que l’on peut constater une quasi-stagnation en 2008 des effectifs de la fonction publique d’État notamment grâce à l’engagement du président de la République, du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, les collectivités locales ont continué à effectuer près de 70 000 créations d’emplois en 2008 : c’est une envolée de 40 % par rapport à 1998 ! Les Régions ont en moyenne chaque année augmenté leurs effectifs de 49 % par an depuis 2005.
M. Jacques Auxiette ne fait pas mentir cette explosion : avec une dette régionale qui dépassera le milliard d’euros cette année, les charges annuelles de personnels du Conseil régional se sont accrues de 17,5 millions d’euros en 5 ans. Depuis 2004, la Région des Pays de la Loire a recruté l’équivalent d’un fonctionnaire de plus par semaine soit 74 % de hausse des dépenses correspondantes (23,5 à 41 millions d’euros par an) ! Ce sont ainsi 204 postes de fonctionnaires territoriaux qui ont été créés hors transferts de compétences : ces transferts sont donc un mauvais argument pour cautionner cette inflation car les postes créés ne sont pas ceux des compétences transférées.
On ne peut accepter une « France fourmi » vigilante sur les dépenses de l’État et une « France cigale » qui ne prend pas en compte la situation économique de notre pays. Cette France à deux vitesses n’est pas acceptable pour les contribuables ligériens et il est temps, dans un souci de transparence, que les chambres régionales des comptes puissent s’atteler chaque année au contrôle des exécutifs régionaux à l’instar du regard que la Cour des comptes porte maintenant annuellement sur les dépenses de la présidence de la République.






